Exclusif: Lapinoou Minnelli et Lydiesexy Zanetti nous livrent leur expérience de SL
9 08 2007Devons-nous encore présenter Lapinoou Minnelli et Lydiesexy Zanetti ? Deux sublimes avataresses qui ont fait chavirer les coeurs de bien des avatars, dont certains de mes amis qui se remettent assez difficilement d’une nouvelle qui a cours depuis peu sur SL… certains auraient même pensé au suicide, mais comme la mort n’existe pas sur Second Life, il a bien fallu continuer sa deuxième vie. Mais qu’est ce qui cause tant de tourment aux avatars, à votre avis?
L’amour bien sûr, l’attention que Lapinoou et Lidyesexy ont su prodiguer à leurs petits amis de SL, les rendant dépendant, laissant habilement les hommes tomber sous un charme qui pour certains se prolongeait en pensée dans la vraie vie. Charme que j’ai vu se rompre sous mes yeux quand Lapinoou est venu pour l’entretien, car un de ses fans s’était rendu disponible… pour les voir, enfin! Quand il s’est rendu compte que la blonde plantureuse Lapinoou était en fait un jeune homme nommé Nicolas et la brune Lydiesexy était son ami et collègue Stéphane, nul ne peut imaginer la surprise de mon ami, la confusion des sentiments aussi sans doute ; ils s’étaient tant vus, avaient tant échangé!
Lapinoou Minnelli: Tu es déçu ?, demande Lapinoou à son ami de Second Life
L’ami: laisse moi un peu de temps, je ne sais pas trop! Tu es quand même le premier avatar qui m’ait largué!
« …quand tu as un avatar féminin, les gens viennent plus facilement te voir»
L. Minnelli
Et là , Lapinoou commence à nous raconter son expérience de SL quand je lui demande d’où est née cette relation spéciale qu’il a su développer avec les résidents de Second Life.
LM: C’est à Londres que j’ai découvert Second Life. J’y suis venu pour la première fois en septembre dernier, avec mon ami d’enfance Stéphane (alias Lydiesexy). Tous deux passionnés de communication et de marketing nous avons voulu nous pencher plus profondément sur cet univers. Nous venons de créer une agence de communication, l’agence Notrecom, spécialisée dans les nouvelles tendances en communication : buzz, street marketing, marketing alternatif, la vidéo, et… les univers virtuels en particulier Second Life.
Étant donné la nouveauté de Second Life, il m’a semblé que je devais m’immerger totalement pour le maîtriser, le comprendre et analyser son potentiel marketing.
Jahi Greggan: Oui, mais Lapinoou, avais-tu besoin de prendre cette avataresse, splendide à rendre fou le métavers, pour analyser Second Life?
LM: Bien sûr que c’était nécessaire! Mais nous avions aussi deux avatars masculins Nick Deschanel et Stéphane Voltaire parallèlement à Lapinoou et Lydiesexy. On voulait se donner les moyens d’analyser les réactions des utilisateurs face à un avatar masculin et face à une avataresse.
JG: Et alors, ça donne quoi?
LM: Il y aurait pleins de choses à dire, mais si je devais en dire une, c’est que lorsque tu as un avatar féminin, les gens viennent plus facilement te voir. Quand on est une femme on se fait aborder plus facilement. Il est plus facile de nouer des relations avec d’autres avatars. Samantha par exemple est une grande copine de mon avatar, je ne l’ai jamais rencontrée. Je sais qu’elle habite en France. C’est vraiment une amie de mon avatar.
Lydiesexy Zanetti: Oui, c’est vrai que des relations de complicité sont fréquentes. On peut créer le personnage soit à son image, soit à l’image de ce qu’on désirerait être, on se projette et c’est ça qui est intéressant.
“On peut être gêné quand on vous tourne le dos sur Second Life”
L. Zanetti
Je leur demande alors, pour eux, ce que représente Second Life.
LM: Tu sais, avec Steph’, on n’est pas venus naturellement, spontanément à Second Life. Un buzz commençait à être généré autour de SL. On a donc voulu l’étudier et l’analyser. Il s’agissait pour nous d’en faire l’audit, d’établir un diagnostic marketing, de savoir ce que les gens en pensent et quel type de Seconde Vie ils y mènent.
JG: Et qu’est-ce que cette expérience vous a appris?
LM: Déjà , qu’on peut y faire beaucoup de choses: voyager, jouer… il s’y développe différents types d’activités institutionnelles, marchandes, humanitaires… Je me suis demandé comment on pouvait utiliser Second Life dans notre métier et la variété des services qu’on pouvait y proposer à nos clients.
LZ: Oui, certaines choses de la Second Life sont identiques à la First Life; l’usage de la monnaie, le fait de parler, de marcher, d’avoir un personnage avec un nom, et un prénom. Cela conduit d’ailleurs à des comportement mimétiques de la vraie vie: il n’est pas rare par exemple de se sentir gêné lorsqu’on se retrouve à chatter avec un avatar qui tourne le dos au votre. Ce sentiment désagréable est le même que dans la vraie vie!
Mais il y a également d’autres différences, comme le fait de voler…
LM: C’est vrai… Ça peut paraître enfantin, mais voler pour l’homme, c’est réaliser un vieux fantasme. La possibilité de se téléporter aussi, de même que pour les architectes l’opportunité de construire des immeubles dans les airs, de réaliser virtuellement ses fantasmes sexuels, d’avoir des armes, de ne plus avoir froid, faim, c’est fabuleux!
«Dans un lieu politique, c’est important d’être agitateur»
L. Minnelli
Lapinoou était visiblement fasciné par le fait que les avatars puissent échapper aux contingences matérielles, physiques, cela était de nature à développer l’imagination, la créativité. Je lui ai demandé s’il pouvait me parler de sa réputation d’agitateur sur le métavers:
LM: Dans un lieu politique, c’est important d’être agitateur politique. Cela permet de tester les limites de la communication et les faiblesses techniques du lieu. Si tu veux conseiller aux entreprises d’y aller, il faut connaître les limites, les anticiper. Et pour ça, rien de mieux que de venir sur l’implantation d’une institution dans SL. Nous avons été par exemple sur l’implantation Désirs d’avenir, où nous avons été très turbulents. On a littéralement mis le bazar sur l’implantation; j’arrivais en maillot de bain, Steph’ venait au milieu de l’agora avec des maisons. Résultat, plus personne ne pouvait parler, car même sur Second Life, les gens éprouvent l’envie de voir les avatars avec lesquels ils communiquent. Trebor Luke qui était responsable de l’implantation aurait pu me banner, mais il a fait preuve de pédagogie pour nous amener à arrêter. C’est marrant de voir les différences de comportements dans la gestion de l’humain face à une situation, qui n’est pas vraiment une crise, mais quand même difficile.
JG: Vous qui êtes des passionnés de marketing avez sans doute un avis à nous donner sur les marques et Second Life…
LZ: On a visité les implantations de Sony BMG, IBM, Apple, Adidas, Jean Paul Gaultier … elles ont développé des stratégies très différentes. Les uns parient sur l’événementiel pour faire plus parler d’eux… d’autres sur des implantations fixes et massives.
JG: …et d’après vous, qu’est ce qui marche ?
LZ: Ça dépend beaucoup de comment l’entreprise souhaite communiquer. Toutes les entreprises n’ont pas intérêt à développer les mêmes stratégies. Alors qu’Apple par la multiplication de petits magasins fait tout pour que tu tombes sur leur implantation, pour IBM c’est totalement différent, leur implantation est massive et sur un seul lieu. C’est l’avatar qui doit allez vers IBM, quand Apple, lui, vient à toi. Ces stratégies sont conformes à l’image de marque que les sociétés veulent développer.
LM: Quand l’Oréal fait un concours de beauté sur Second Life, c’est une toute autre démarche qu’une société qui s’implante de manière durable. Une opération qui a d’ailleurs été très rémunératrice en terme de buzz et par les retombées rapides qu’elle a eu dans la presse.
Si je dois définir Second Life dans son rapport aux marques, je dirais que c’est un média à part entière et un bel espace de communication pour les marques.
Lapinoou Minelli, avatar et star
JG: …et pour les avatars aussi… je crois savoir que vous n’êtes pas passés tout à fait inaperçus dans la presse…
LM: Oui, il y a pas mal de buzz autour de Lapinoou Minelli, dans l’émission de Pascale Clark En Aparté, dans une Chronique de Loic Lemeur, dans Charlie Hebdo, sur le blog du célèbre Versac analyste politique sur le net, dans médiapédia, etc… Lapinoou a su former un espace médiatique autour d’un simple personnage. C’est assez étonnant !
JG: et tous les gens que vous avez rencontrés dans SL, vous pensez les voir dans la vraie vie ?
LM: Ça peut arriver… Vous êtes les premiers que nous rencontrons, mais ce n’est pas exclu même si on ne le recherche pas nécessairement.
JG: Comment avez-vous travaillé concrètement pour votre analyse de Second Life?
LM: Nous y avons passé plus de 10h/jour pendant 3 mois ! Pendant que l’un était sur la vidéo, le street marketing ou le buzz, l’autre était sur Second Life. Cela a été du non stop! Par notre immersion, notre analyse, nous avons construit une réelle expertise autour de Second Life.
JG: D’après vous, qu’est ce qui explique un engouement aussi rapide pour Second Life?
LM: C’est essentiellement l’effet du buzz intense autour des marques et de la politique dans Second Life. Surtout la politique, je pense, a permis de développer beaucoup plus rapidement la population de Second Life. Il y a un esprit communautaire avec des conférences, des débats organisés ou spontanés, avec ses codes propres, par exemple le fait que Loic Lemeur, Bloic dans Second Life, porte des chaussures Adidas (qui côutent 50 Linden Dollars) ou bien quand tu vois quelqu’un qui porte un t-shirt virtuel Hugo Boss tu te rends compte que cet espace est un lieu efficace de projection de soi, même si ce n’est pas nécessairement à l’identique.
LZ: C’est possible, comme cela a été le cas pour le Darfour, d’y débattre de thèmes d’actualité, de s’informer. Par exemple l’ONG Première Urgence, certaines personnes l’ont découverte dans Second Life…
« D’après moi, la france va rester sur SL, c’est figé »
L. Zanetti
JG: A votre avis, quel est l’avenir de Second Life?
LM: Il y a une culture Internet différente en fonction des pays. Par exemple les Etats-Unis sont mûrs depuis longtemps et cela se perçoit dans le fait que des personnalités politiques comme Hillary Clinton fassent aussi campagne dans Second Life. C’est assez extraordinaire et ça ouvre de nouvelles perspectives. Second Life est un outil de communication très évolutif, beaucoup de choses arrivent dans SL qui ne sont pas mal du tout.
JG: Quel élément, d’après vous peut faire stagner ou régresser la progression de Second Life?
LZ: Si l’évolution technologique ne se poursuit pas, ça ne marchera pas. Il faut que SL évolue. Si c’est le cas, il n’y a pas de raison pour que le buzz ne se poursuive pas. Il faut réaliser des études fiables, rester à l’écoute de ce dont les gens ont besoin, de leurs attentes. L’introduction de la voix par exemple va rompre une barrière et personnaliser un peu plus les discussions. Il y a une évolution vers toujours plus de réalisme.
JG: Au point de vue de la concurrence, vous pensez que d’autres univers immersifs sont en passe de détrôner Second Life?
LZ: Habbo, Entropia Universe sont deux autres propositions dans le genre. Mais on s’y déplace de planète en planète, ça pose des problèmes pour faire la liaison avec la vie réelle. Ce problème ne se pose pas sur SL où on se déplace d’île en île et de terre en terre. D’après moi, la france va rester sur SL, c’est figé.
JG: Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Beaucoup auraient sans doute voulu être à ma place! Sans doute que certains avatars amoureux de Lapinoou ou de Lydiesexy, viendront déguisées en humains, vous voir chez Notrecom!
LM: Nous serons heureux de les accueillir!









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